Retrouvons nos ailes. Parce que l’industrie de l’aviation a toujours su gérer les risques…

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Rester c’est exister. Voyager c’est vivre. C’est ce que Gustave Nadaud, un poète et chansonnier français disait. Je crois que c’est vrai. J’ai décidé de vous partager un texte écrit par un collègue pilote qui me touche particulièrement. Il est temps de nous envoler à nouveau en toute sécurité comme nous avons toujours su le faire. De mettre à disposition une solution à la quarantaine imposée par le Canada aux voyageurs. D’ouvrir les frontières aux pays sécuritaires de le faire. Retrouvons nos ailes. Il est temps.

Ce texte est écrit par Gilles Hurdicourt, pilote pour un gros porteur depuis 22 ans. Traduction par Elizabeth Landry.

L’aviation est une question de gestion de risques. De A à Z.

Conception, ingénierie, construction, entretien, formation, procédures, techniques, manuels: tout cela implique beaucoup de risques et nous apprenons à gérer ses risques.

Si vous prenez l’avion, vous vous envolerez à bord d’une machine de 120 tonnes conçue, construite et entretenue par des humains. Ses réservoirs seront remplis de 70 tonnes de kérosène, de 375 personnes parfois étranges et de 7 tonnes de bagages et cargo incluant des marchandises dangereuses.

Lydia Pranaitis, agente de bord depuis 20 ans.

Vous décollerez peut-être lors d’une tempête de neige, sur une piste contaminée par cette neige pesante avec de forts vents de côté. L’avion volera sur 4000 milles pendant une nuit obscure, dans des conditions glaciales, à travers des orages.

L’appareil traversera de la turbulence modérée, voyagera d’un continent à l’autre dans un ciel traversé par des milliers d’autres avions et atterrira dans un aéroport étranger recouvert d’une brume épaisse aveuglante.  Tout ça, dirigé par un équipage qui aura passé la nuit sans dormir.

L’aviation implique la gestion de plusieurs risques. Des risques que les compagnies aériennes, les membres d’équipages, le personnel au sol, les employés du trafic aérien gèrent chaque jour.

Jose Sanchez Mécanicien en aéronautique à YYZ

Chaque action que nous posons implique des risques et une gestion de risques.

Bien sûr, il y a toujours une autre option qui implique moins de risques: ANNULER LE VOL. On débarque le problème comme on débarque les passagers. On n’embarque aucune cargaison.

Rebecca & son fiancé, tous les deux mis à pied.

Mais si les compagnies aériennes annulaient toujours leurs vols pour la neige, la glace, les vents de travers, les orages, le cisaillement du vent, les turbulences, la pluie verglaçante, le lourd trafic aérien, les pistes contaminées, le brouillard, la fatigue, les passagers problématiques, les cargaisons inhabituelles ou des problèmes techniques, nous annulerions la plupart des vols et nous serions victimes de millions de plaintes, de poursuites et de réclamations de clients en colère.

Mais nous n’annulons presque jamais sauf si c’est nécessaire. Nous nous envolons. Nous nous envolons presque toujours, peu importe ce que le destin nous réserve. Et nous le faisons en toute sécurité, de manière responsable.

Malika – agent de bord depuis 2016.

Nous apprenons à gérer tous ces risques d’une manière si sécuritaire et d’une manière si efficace que le transport aérien est l’une des activités les plus sûres du monde.

Ce niveau de sécurité est atteint grâce à la science, la technologie, les formations et l’application de procédures.

Le gouvernement du Canada doit maintenant faire face à un nouveau risque appelé COVID-19.

Il peut soit le faire comme nous le faisons dans l’industrie aéronautique, c’est-à-dire évaluer et étudier les risques et utiliser la science, la technologie, les formations et les procédures pour gérer les risques et poursuivre le vol ou simplement décider de ne pas faire face au risque, annuler le vol et renvoyer tout le monde à la maison.

Jusqu’à présent, en interdisant le territoire Canadien aux étrangers et en imposant une quarantaine à tous les voyageurs entrant au pays, le gouvernement empêche par le biais l’industrie touristique/aéronautique de survivre.

Au lieu de gérer les risques avec des mesures technologiques et scientifiques comme nous le faisons dans l’aviation.

Cela tue notre industrie et nos moyens de subsistance. Agissons!

Gilles Hurdicourt
Pilote chez Air Transat depuis 22 ans.

Joignez-vous au mouvement!

Le personnel de l’aviation s’unit pour faire changer les choses. Ouvrons nos frontières de manière sécuritaire! Si vous êtes dans le milieu de l’aviation, joignez-vous au groupe Aviation workers made redundant in Canada by the COVID-19 crisis

Écrit par Elizabeth Landry

Elizabeth Landry est agente de bord et une vraie passionnée de voyage et des sports nautiques. Elle partage son temps entre Cabarete en République Dominicaine, le Québec et les airs. Elle dirige le blogue L’Hôtesse de l’air depuis 2010 et a écrit trois romans à succès du même nom. Sa boutique #FLYWITHME vous fera voyager à travers le monde !
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3 Comments

3 Commentaires

  1. Simone

    Excellente! Félicitations et bonne continuation!

    Réponse
  2. jean claude roy

    Cher Gilles,
    Compliments pour ton texte et pour la traductrice. Toutefois je ne partage pas tes suggestions qui sont des reproches voiles au Gouvernement Canadien.
    C’est bien en pesant tous les risques dont tu parles que ce gouvernement a décidé que le risque de contamination est trop élevé pour ouvrir ses frontières et de reprendre comme tu le suggère la vie normale. Ce n’est pas parce qu’il conclut différemment qu’il a agi légèrement. Heureux sommes-nous que vous n’êtes pas sous l’influence d’un Trompe.
    Toute l’industrie touristique et des loisirs se voit affecter. Ce n’est pas seulement l’industrie aéronautique. Beaucoup de compagnies de ces industries acceptent la fermeture de leur entreprise au profit du plus grand nombre et ceci est noble.

    Réponse
    • Elizabeth Landry

      Bonjour Jean-Claude,
      Merci pour votre commentaire et impression. Je réponds au nom de Gilles car je gère le site. En fait, le Gouvernement des Etats Unis, connaissant l’importance de l’industrie de l’aviation de son pays, a donné 25 Millards aux lignes aériennes Américaines et 10 milliards de dollars aux Aéroports. Une fois cette crise passée, s’il ne reste plus de compagnies d’aviation canadiennes la place sera aux étrangères. Un jour il va falloir apprendre à vivre avec ce virus plutôt que de fermer tout par peur car il semble être là pour rester.
      Bref, nous souhaitons qu’une solution différente soit proposée pour que l’industrie puisse continuer et que des familles ne perdent pas tout.
      Au plaisir de vous servir à bord un jour.
      Elizabeth

      Réponse

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